Tous les jours, ils font Chato-métro-dodo

CHATEAU-THIERRY (02). Chaque matin, direction la gare de Paris-Est. Des milliers d’habitants de l’arrondissement ont leur bureau dans la capitale. Portraits.
Publié le 20/01/2014  (journal – L’Union)
Par Anaïs Gerbaud
Valérie, Christine Pérardel-Guichard, Ingrid et Jacky quelques minutes avant le départ de leur train.

Il reste quinze minutes avant le départ du train de 8 h 01, à la gare de Château-Thierry. Sur le quai, les voyageurs arrivent peu à peu. Ils sont fonctionnaires, salariés de grandes entreprises ou du secteur médical, cadres… Tous les jours, ces travailleurs passent plus d’une heure trente dans le train entre la cité castelle et Paris.

Le train le plus chargé, bondé même, c’est celui de sept heures. Il arrive à 7 h 53 à Paris-Est.

Pour beaucoup, il faut arriver au bureau avant 9 heures et le trajet prend d’autant plus de temps, en fonction de la durée de liaison en métro.

Des lotissements envahis de Parisiens

Ils sont plusieurs milliers chaque jour, à faire l’aller-retour entre Château-Thierry et la capitale, 2 500, selon le dernier comptage effectué il y a dix ans. Mais « le nombre grossit d’année en année », selon Christine Pérardel-Guichard, présidente du comité de défense des intérêts des usagers du train (CDIU). « On le voit à la capacité des trains » (lire par ailleurs).

Elle estime le chiffre actuel à plus de 3 000, alors qu’une nouvelle étude, diligentée par la SNCF, est en cours.

Le prix de l’immobilier atteint des sommets dans la région parisienne et donc, « de plus en plus de gens quittent Paris et la banlieue pour s’installer ici », observe Christine Pérardel. Pour des Castels d’origine comme Valérie, il s’agit de ne pas rester au chômage ou de ne pas se contenter d’un petit salaire, pour « avoir un train de vie correct ».

Plus jeune, Ingrid est secrétaire. Elle et sa famille ont quitté la capitale il y a deux ans pour pouvoir acheter une maison. Être propriétaire, c’est le leitmotiv de beaucoup de ces voyageurs. Certains lotissements, celui de Bézu-Saint-Germain par exemple, sont envahis d’ex-Parisiens.

Julia, originaire de Seine-Saint-Denis, est dans ce cas.

Cette employée dans le secteur du pressing s’est installée dans le quartier en construction du Lauconnois à Château-Thierry il y a deux ans avec son mari et ses enfants. « On est venus en week-end et trois semaines plus tard, on déménageait. La vie est trop chère en Seine-Saint-Denis, il n’y a plus d’espaces verts. »

La journée, une seule hâte : « rentrer à Château ! »

Le voyage, il se fait le plus souvent dans une ambiance conviviale. De petits cercles d’amis se sont formés. « On décompresse et on débat de politique, de l’actualité », raconte Christine Pérardel. Si quelques-uns sont déjà au charbon le train à peine parti, ce n’est pas le cas dans son groupe. Avec eux, « les ordis et les tablettes servent plutôt pour les photos et la musique ».

Le vendredi, à la descente sur le quai de Château-Thierry à 19 h 29, les voyageurs pressent le pas et foncent vers leur voiture ou leur bus. Une fois la semaine passée, l’effervescence de la capitale en a fatigué plus d’un. Peu de remords à la quitter. Bien au contraire, Julia jubile. « Pendant la journée à Paris, je n’ai qu’une hâte : rentrer à Château ! ». Ce qu’ils apprécient le plus, c’est « la qualité de vie, le calme ». Julia « habite à côté de la grande piscine qui va être construite. Il y a beaucoup de projets ».

Anaïs Gerbaud

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