La SNCF ou l’art de nous faire préférer le train … de 19h 35

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CS40041

80333 LONGUEAU Cedex

Château-Thierry, le 21/05/2009

Objet : TER vallée de la Marne N°839195 du Mercredi 20 mai 2009

Madame, Monsieur,

Mercredi soir, comme tous les soirs, j’emprunte la ligne Paris-Est – Château-Thierry. Comme tous les soirs, je voyage dans les voitures à « compartiments ».

Ce soir, je suis arrivé environ 20 minutes avant le départ du train. Je prends place dans un compartiment vide. A l’entrée, je me suis assuré qu’il n’était ni réservé aux contrôleurs ou chefs de bord ni interdit d’accès.

Quelques minutes après avoir pris place, un contrôleur arrive. Voulant s’y installer, il me demande de sortir de ce compartiment en m’indiquant que c’est « la place réservée aux contrôleurs ».

Il n’est jamais vraiment très agréable de devoir déménager après avoir trouvé une place et y être installé. Pourtant, je ne remarque aucune once de compassion à l’égard de l’inconfort qu’il doit me faire subir. J’ai, pour le moins, le sentiment d’être traité avec manque de respect. Peut-être que la notion de politesse lui est étrangère?

Surpris et choqué de l’attitude et du ton employé mais voulant garder la tête haute, je lui fais remarquer que ce compartiment n’est ni interdit d’accès ni marqué « Point d’information ». Je commence à remballer mes affaires pour déménager.

C’est alors qu’il me demande mon titre de transport, sur le ton que je commence à lui connaître et toujours sans aucune marque de politesse. Le train part dans quinze minutes. Je lui réponds que je lui présenterai comme n’importe quel usager/voyageur/client, c’est-à-dire lorsqu’il effectuera son opération de contrôle, une fois le train parti.

Il insiste et avec me menace avec un air dédaigneux : il ira chercher les gendarmes si je ne lui présente pas. Peut-être aurait-il été pédagogique de porter la menace sur un éventuel procès-verbal pour refus d’obtempérer (il est à noter que le coupon que je reçois mensuellement en guise de titre de transport ne fait pas état de cette issue; ce qui, je pense, peut-être le cas sur le verso d’un billet de train « normal »).

Je persiste à ne vouloir lui présenter que lors des opérations de contrôle, quand le train sera parti. Je me résous alors à me dire que le mot « respect » ne fait pas partie de son langage.

Je pars alors à la recherche d’une nouvelle place dans une voiture « normale », étant à peu près sûr de ne pas pouvoir être perturbé par un contrôleur.

Une dizaine de minutes plus tard, après mettre installé, j’entends : « C’est lui ! ». Je lève la tête. J’aperçois le contrôleur, épaulé par trois gendarmes, le chef de quai, et son supérieur. Je suis ébahi.

Il me demande à nouveau mon titre de transport. Cette fois je m’étonne de relever un « s’il vous plaît » à la fin de sa phrase. Je me permets de lui faire remarquer en lui présentant mon abonnement de travail.

A ce moment, un des gendarmes me demande pourquoi n’ai-je pas voulu le lui présenter auparavant. Je lui expose brièvement et devant toute cette assemblée les raisons de mon refus : c’était en réponse à son agressivité, son manque de respect et de compassion. Et que je comptais bien le lui présenter au même titre qu’un usager/voyageur/client lambda lors des opérations de contrôle.

Là-dessus, le contrôleur, toujours aussi sûr de lui, me demande une pièce d’identité afin de me dresser un procès-verbal pour refus d’obtempérer. Je lui demande si c’est une blague.

J’apprends, alors, avec confirmation des gendarmes, que les titres de transports peuvent être contrôlés avant le départ du train, et sur les quais. Donc même 15 minutes avant. Sachant qu’on peut « avertir un contrôleur, d’un billet non composté, lors de son premier passage », j’ai du mal à comprendre. Sachant qu’on peut acheter un titre de transport, moyennement supplément, à bord d’un déjà train parti, j’ai du mal à comprendre.

Par chance, on me laisse une alternative : descendre du train.

D’ailleurs ce dernier « ne partira pas tant que je n’aurais pas payé ou que je ne serais pas descendu ».

Je dois prendre une décision rapidement, dans la mesure où le train part à 19h35 et que j’aperçois sur ma montre qu’il est déjà 19h37. Je ne veux pas tenir en otage les autres usagers/voyageurs/clients, les trains n’ayant pas besoin de mon aide pour être en retard.

Je décide donc de descendre, et rapidement. « Ca vous coutera moins chère. » me confirme un gendarme. Je prendrai le prochain train.

C’est sous une escorte de 6 personnes portant différents costumes et képis que j’emprunte le couloir de la voiture pour sortir du train. Je reste ahuri sans en être le seul : les usagers/voyageurs/clients qui ont assisté à la scène le sont également.

Au passage, je demande ouvertement si « je suis un délinquant ? ». Question fort à propos au vu des moyens développés pour me faire comprendre qu’il ne faut pas se trouver en travers du chemin (i.e. dans le compartiment) d’un contrôleur aigri (tous ne sont heureusement pas comme celui-ci) et qu’il faut savoir se laisser marcher sur les pieds, et avec le sourire.

Je le fais remarquer aux gendarmes, en leur soulignant que je rentre de ma journée de travail, mon costume-cravate en attestait. J’en déduis qu’en terme de costume, nous n’avons pas les mêmes valeurs.

Une foi descendu, je me réjouis d’apercevoir, au loin, les 4 ou 5 derniers usagers/voyageurs/clients qui ont pu attraper le train grâce à ce contretemps. Le temps que j’aurai perdu ne le sera pas pour tout le monde.

Aujourd’hui, je regrette de n’avoir eu le réflexe de demander son nom et son numéro de matricule au contrôleur. La faute à une situation surréaliste ? Sans doute.

Est-ce que ces éléments auraient pu m’être utiles. Finalement, j’en doute.

Je remercie une fois de plus la SCNF, qui trouve toujours le moyen de retarder ses usagers/voyageurs/clients, même quand les trains sont à l’heure.

Je remercie une fois de plus la SCNF, qui trouve toujours le moyen de rendre coupable ses usagers/voyageurs/clients, même quand ils sont en règle.

N’est-ce pourtant pas à vous de nous faire préférer le train ? (tamm tadadammm)

Un usager/voyageur/client/fraudeur en retard.

3 réflexions sur « La SNCF ou l’art de nous faire préférer le train … de 19h 35 »

  1. j’espère qu’un con pareil est marié avec la conne qui a verbalisé les escargots dans un TGV il n’y pas longtemps
    et qu’elle lui en fait baver un max
    il y aurait enfin une justice
    salut

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