Château-Thierry / Non-respect de la loi anti-tabac La bande de fumeurs pourrit la vie des usagers

(Article paru dans l’Union le 18 décembre 2009)
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Depuis plusieurs mois, un groupe d’accros à la cigarette fait de la résistance dans le train Château-Thierry. De façon très très organisée.

LA SNCF est confrontée à un problème très particulier : des bandes organisées squattent un wagon des trains de la ligne Paris-Château-Thierry.
Une bande organisée de… fumeurs !
Des accros à la clope qui n’hésitent pas à verrouiller un compartiment pour satisfaire leur « vice ».
« Parfois, la situation va loin : des usagers incommodés se font sortir du wagon », indique-t-on au service communication de la SNCF.
Ainsi, des voitures sont transformées le matin et le soir en espace fumeur, au mépris de la législation.
Depuis 2008, la « clope » n’a pourtant plus droit de cité dans les trains.
Montant de l’amende en cas de non-respect : 68 euros.
Depuis le changement de législation, la société tente de remédier au problème, en vain.
Plusieurs associations ont d’ailleurs été contactées pour entamer le dialogue avec les « rebelles ».
Une chèvre pour occuper le contrôleur
Néanmoins un « clan » d’une trentaine de personnes en a décidé autrement.
« Ils agissent de façon très organisée », détaille Gérard Audureau, président de l’association droit des non-fumeurs (DNF).
« Le groupe prend possession d’un compartiment et installe un guetteur. Lorsqu’un contrôleur arrive, il prévient les autres par SMS ».
Le temps que les mégots passent par la fenêtre, le guetteur occupe l’agent SNCF.
« Il devient une « chèvre ». Il est verbalisé et fait durer la chose ».
À la fin, tout le monde se cotise pour payer l’amende.
Le phénomène est assez localisé. « Les trains Transiliens au trajet les plus long sont concernés : Paris-Château-Thierry et Paris-Provins », poursuit la société de chemin de fer. « Le tout, à des horaires très précis, le matin et le soir ».
Quel est le profil des indécrottables de la nicotine ? « Ce sont des gens d’un certain âge, entre quarante et soixante ans. Ils prennent le train ensemble depuis très longtemps », indique la SNCF.
Ils sont assez proches pour mettre en place cette guérilla de couloir avec les contrôleurs.
« Ce ne sont pas des délinquants, mais des fumeurs qui ne veulent pas arrêter », poursuit l’entreprise.
Ceci étant, « il faut penser au confort des autres usagers », souligne Christine Guichard du Comité de défense des Usagers du train entre le sud de l’Aisne et Paris/Reims (CDIU).
Julien Assailly

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