Accident gare de l’Est il y a un an / Monique souffre toujours

(Article paru dans l’Union le 13 janvier 2010)

Accident gare de l'EstLe 7 janvier 2009, Monique Guittard se fracture le pied gauche dans le marchepied du train. La SNCF réfute toute responsabilité dans l’accident. Monique souffre.

LE mercredi 7 janvier 2009 est gravé à jamais dans la chair de Monique Guittard. Ce matin-là, elle descend du TER (Train express régional) gare de l’Est pour se rendre à l’Ined (Institut national des études démographiques) à Paris où elle est hôtesse d’accueil, quand son pied gauche reste coincé dans le marchepied qui se relève, du train.
« J’ai eu terriblement mal, je ne pouvais plus poser mon pied par terre. J’ai appelé à l’aide. Des pompiers sont venus me secourir et m’ont transportée au centre hospitalier Lariboisière », se remémore la Castelle.
À l’hôpital, « après avoir attendu sept heures dans un couloir », le diagnostic tombe : elle souffre d’une fracture bi-malléolaire de la cheville gauche. Elle se voit octroyer 90 jours d’ITT (interruption temporaire de travail). Elle est transférée au centre hospitalier castel pour être opérée en urgence. Elle y restera une vingtaine de jours. Ensuite, transfert au centre de rééducation de Villiers-Saint-Denis jusqu’au 16 avril.
À son retour, Monique Guittard ne marche toujours pas, si ce n’est avec deux cannes. S’ensuivent des injections, deux autres opérations, de la kiné « et un traitement médical important ».
« Mon arrêt de travail a dû être prolongé, mes revenus ont fondu et l’immobilisation me pèse aussi moralement », relate-t-elle, déprimée, car le verdict de l’expert datant du 23 octobre dernier est sans appel : « La station debout est très difficile et la marche impossible. La marche à plat se fait à très petits pas avec des douleurs. » Conclusion : la reprise du travail n’est pas encore envisageable.
La SNCF muette
Monique Guittard, aidée de Christine Guichard, présidente du CDIU (Comité de défense des usagers du train entre le sud de l’Aisne et Paris – Reims) a écrit plusieurs courriers à la SNCF pour qu’elle reconnaisse ses torts dans l’accident. Peine perdue. L’Agence nationale des accidents de personnes lui rétorque à plusieurs reprises (le 20 avril, 18 mai et 26 octobre) que « les résultats de l’enquête diligentée ne permettent pas de retenir la responsabilité de la SNCF dans cette affaire ». L’agence invoque « l’absence de témoin direct qui pourrait rapporter la preuve matérielle des faits ». Autre élément : « Le marchepied incriminé ne présentait aucune défectuosité. » Résultat : « La SNCF ne pourra pas prendre en charge les frais relatifs à cette affaire. »
Un comble pour Monique Guittard, désemparée : « Le marchepied s’est refermé sur ma cheville, c’est qu’il y a bien eu un dysfonctionnement ! » Contactée par nos soins, la SNCF a déclaré ne vouloir apporter « aucun commentaire » sur des accidents de personne.
Épaulée par le CDIU (lire par ailleurs), la Castelle compte bien ne pas lâcher le morceau. Il en va de son équilibre.

Frédérique PETRE

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